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Paul Bernard
Chercheur régulier (trad)
Paul Bernard est membre du Conseil national de la statistique du Canada et du Conseil de la Société de recherche sociale appliquée, président fondateur du Comité canadien de coordination des Centres de données de recherche, et responsable du développement du projet d’Enquête de santé et socioéconomique intégrée et longitudinale (ESSIL), en collaboration avec l’Institut de la statistique du Québec. En 2001, la Société canadienne de sociologie et d’anthropologie du Canada lui a décerné un prix pour sa contribution exceptionnelle à l’avancement de la sociologie.
Intérêts de recherche : Inégalités sociales - pauvreté - politiques sociales - parcours de vie - marché du travail - sociologie de la santé - indicateurs sociaux - statistiques sociales - épistémologie - méthodologie
Poste actuel (trad)
Professeur titulaire
Département de sociologie, Université de Montréal
Autre Groupe(s) de recherche (trad)
- Le Groupe de recherche sur les aspects sociaux de la santé et de la prévention (GRASP)
Formation (trad)
Ph.D. Sociologie
Harvard University, 1974
M.A. Sociologie
Université de Montréal, 1968
Programme de recherche (trad)
Mes recherches actuelles portent sur trois objets principaux: les régimes providentiels des sociétés avancées, les indicateurs de développement social, et le développement d'un panel général de ménages, en collaboration avec le ministère canadien du développement social. Il y a, dans les trois cas, des liens directs avec le CLR, et en particulier avec l' axe 1 (processus liés aux milieux de vie) et l'axe 2 (processus liés à l’accumulation des vulnérabilités).
Régimes providentiels des sociétés avancées
L’examen d’une multitude d’indicateurs sociaux au moyen d’analyses de classification hiérarchique permet de confirmer l’existence de régimes providentiels (libéral, social-démocrate, conservateur et latin), qui correspondent à des articulations spécifiques entre la famille, l’État et le marché pour produire et distribuer les ressources nécessaires au bien-être des individus.
Nous analysons ces régimes providentiels comme déterminants de la santé des populations et de divers groupes en leur sein (catégories de sexe, d'âge, de revenu, etc.). Il s'agit de se demander si, parmi les déterminants sociaux de la santé, on peut discerner une influence des grands "contrats sociaux" que constituent les régimes providentiels. Quelle place occupent le marché, les programmes publics et les réseaux de solidarité de la société civile dans la production et dans la distribution des ressources nécessaires à la vie quotidienne? Est-ce que ces vastes arrangements représentent simplement des moyens alternatifs que se donnent différentes sociétés pour atteindre les mêmes buts, et en particulier une situation de santé similaire? Est-ce que, au contraire, les niveaux de santé et la distribution de celle-ci entre les divers groupes sociaux diffèrent fondamentalement entre ces sociétés et ces régimes?
La pertinence de ces travaux pour le CLR concerne surtout les projets de comparaison entre des métropoles situées dans diverses sociétés, appartenant à des régimes différents d'articulation entre marché, État et famille, en utilisant des données à diverses échelles géographiques et longitudinales.
Indicateurs de développement social
J'ai complété il y a peu, avec une équipe de chercheurs, une évaluation des indicateurs synthétiques qui pourraient servir à mesurer le développement social au Québec, dans une perspective comparative dans le temps et avec d'autres sociétés. Nous nous sommes donné une définition du développement social sur laquelle repose notre examen critique des indices synthétiques existants et notre proposition de nouveaux indices. Elle comporte quatre éléments: le développement social est :
- un ensemble de processus
- d'amélioration
- des conditions de vie et des potentiels
- individuels et collectifs.
Nous en tirons quatre règles qui guident nos travaux :
- Les indices doivent suggérer une vision claire du ou des processus impliqués dans le développement social;
- Les indices doivent reposer sur une définition explicite de la dimension de la vie sociale qui doit être améliorée;
- Les indices doivent illustrer l'atteinte des trois potentiels qui donnent aux individus et aux familles les moyens de leur liberté (santé, litéracie, sécurité économique), de même que la qualité de trois expériences déterminantes de participation sociale (travail, vie familiale, vie communautaire et civique);
- En plus de miser sur une perspective individuelle, les indices doivent tenir compte de l'inclusion des individus dans diverses collectivités auxquelles ils appartiennent (familles, milieux locaux (quartiers et régions) et la société dans son ensemble).
Après avoir passé en revue les principaux indicateurs existants, nous retenons un ensemble de quatorze mesures qui fournissent un éclairage sur le développement social, et qui se situent à divers niveaux d'inclusion sociale: les individus, les famille auxquelles sont rattachés les individus, les quartiers ou régions où ils vivent, les sociétés et les époques auxquelles ils appartiennent.
La pertinence de ces travaux pour le CLR concerne surtout l'axe 1, les processus liés aux milieux de vie.
Développement d'un panel général de ménages au Canada
Une équipe de chercheurs que je dirige vient de remettre au ministère canadien du développement social un rapport sur un projet d'enquête présentant trois caractéristiques:
- Un panel de ménages prévu pour la longue durée et comparable à plusieurs autres enquêtes du même genre à travers le monde. Un tel instrument permet de comprendre la dynamique des changements et les relations de cause à effet dans les trajectoires des individus et la contribution à ces changements de leurs appartenances familiales.
- Une enquête intégrée, qui examine les interdépendances entre quatre thèmes majeurs: santé / santé mentale; travail, revenu, patrimoine; éducation, participation culturelle; famille / réseaux sociaux.
- Une enquête qui recueille et apparie des informations sur les niveaux d'inclusion sociale des individus: familles, quartiers, milieux de travail, écoles, etc. La pertinence de ces travaux pour le CLR concerne surtout l'axe 2 (processus liés à l’accumulation des vulnérabilités). Elle fournit une base d'information et de réflexion sur les concepts pertinents, sur les connaissances acquises à partir des enquêtes étrangères, sur les retombées des résultats de recherche en termes de politiques publiques et sur les perspectives méthodologiques à privilégier. La santé est évidemment un des axes importants de l'enquête projetée, qui fournira une ressource importante pour la réalisation du mandat du Centre.
Je signale enfin que même si mes projets de recherche ne sont pas liés directement aux interventions (axes 3 et 4 du Centre), ils sont souvent faits en collaboration avec les milieux d'intervention: les indicateurs de développement social sont développés dans le cadre d'actions concertées avec divers ministères, alors le projet d'enquête est élaboré en concertation avec plusieurs ministères. Par ailleurs, je consacre une partie de mon temps à fournir des avis à divers organismes qui travaillent sur les questions de santé et de bien-être, comme Statistique Canada, l'ISQ, la Société de recherche sociale appliquée.
Comment le programme de recherche répond-il aux Questions de recherche du Centre (trad)
(English translation required) | (English translation required) | (English translation required) | (English translation required) |
Thèmes de recherche du Centre abordés par le programmes (trad)
Social policies and organization of services | Urban spaces | Prevention and health promotion |
Principales contributions de recherche (trad)
J'ai écrit en 1993 un article intitulé "Cause perdue: le pouvoir heuristique de l'analyse causale", qui insiste sur les analogies profondes entre les analyses qualitative et quantitatives, qui emploient souvent, mais à l'égard d'objets différents, une même perspective causale. Cet article est souvent utilisé dans les séminaires avancés de méthodologie. Il a été prolongé récemment (2003) par la publication d’un numéro spécial de Sociologie et sociétés intitulé « Les chiffres pour le dire : innovations conceptuelles et méthodologiques en statistiques sociales », qui passe en revue les avancées des méthodes quantitatives qui permettent l’exploration du changement social (méthodes longitudinales) et de l’imbrication du micro, du méso et du macro social (méthodes multi-niveaux), de même que l’utilisation de méthodes expérimentales.
Mon article de 1999, "La cohésion sociale: critique dialectique d’un quasi concept» (Lien social et politique–RIAC, aussi publié, en anglais par sur le site Web des Canadian Policy Research Networks) a été l'objet de discussions dans plusieurs milieux de recherche et d'analyse des politiques publiques. Il apportait des précisions conceptuelles et une perspective de réflexion systématique sur le quasi-concept de cohésion sociale, largement utilisé dans le discours politico-scientifique, mais de façon souvent confuse.
Mon texte de 2002 intitulé « Le défi de la construction d’indicateurs sociaux » a été écrit pour un recueil de textes d’éminents chercheurs canadiens publié par la Fondation canadienne pour l’innovation. Il préfigurait une série de travaux que j’ai menés depuis, qui comparent entre eux les pays de l’OCDE (de même que les provinces canadiennes) quant à leurs régimes providentiels. Je poursuis ces travaux en comparant ces mêmes pays du point de vue des régimes de genre, c’est-à-dire des politiques et des situations relatives à la situation des hommes et des femmes dans ces pays.
Enfin, j’ai écrit en 2004 un texte intitulé « Les inégalités sociales de santé : feux, contre-feux et piliers de bien-être », qui explore l’origine de ces inégalités et les moyens par lesquels les politiques publiques et l’action des réseaux sociaux et des communautés peut en limiter l’ampleur. Ce texte fournira la base des travaux que j’entreprends dans ce domaine, en regard des effets des milieux de résidence sur la santé et des effets des régimes providentiels sur la relation entre position socioéconomique et santé.
Lieux d'influence (trad)
Recherche (trad)
- Membre du Comité éditorial de la revue Canadian Public Policy/Analyse de politiques, 1997-.
- Rédacteur-adjoint, Canadian Journal of Sociology, 1988-.
- Évaluation de manuscrits pour les revues International Sociology, Cahiers québécois de démographie, Recherches sociographiques, Revue canadienne de science politique, Politique, Communications, Current Sociology, Gestion.
- Évaluation de projets pour le CRSHC, le FQRSC, la FCI et le Programme de Chaires de recherche du Canada
- Membre du Conseil des Gouverneurs de l’Académie Canadienne des sciences, 2005-.
- Président du Conseil d’orientation du Centre interuniversitaire québécois de statstiques sociales (CIQSS), 2005-.
- Représentant universitaire, Collaboration en recherche sur les politiques liées à la population, au travail et à la famille, avec le Projet de recherche sur les politiques, Développement social Canada et Statistiques Canada, 2005-.
- Membre du Conseil d’administration, responsable de l’Axe longitudinal, et co-responsable d’un projet de plan intégré pour l’appariement de bases de données longitudinales administratives au Québec, Réseau de recherche en santé des populations du Québec, 2004-.
- Membre du Conseil d’administration de la Société de recherche sociale appliquée, Ottawa, 2002-.
- Responsable de l'élaboration d'un axe de développement en statistiques sociales à l'Université de Montréal, 1999-.
- Membre du Conseil national de la statistique du Canada, 1992-.
Président du Groupe de travail sur l’Enquête longitudinale générale sur les ménages canadiens, mis sur pied par Développement social Canada, 2005.
- Chercheur invité, Social Research Department, The Social Insurance Institution of Finland (KELA), octobre 2005.
- Chercheur invité, International Center for Buisness and Politics, Copenhagen Buisness School, mai 2005.
- Membre du Comité consultatif externe du sous-ministre du Conseil du trésor, à Ottawa, pour la préparation des indicateurs sociaux composant le rapport annuel « Le rendement du Canada », 2002-2005.
- Professeur invité, Département de sociologie, Université d’Alberta, 2004.
- Président du Comité de la recherche de l'Association canadienne de sociologie et d'anthropologie, 2001-2004.
- Membre du Conseil d’administration du Centre d'Études de Populations, de Pauvreté et de Politiques Socio-Économiques / International Networks for Studies in Technology, Environment, Alternatives, Development, Luxembourg, 2001-2003.
- Co-responsable de la préparation du document de Montréal-International posant la candidature de cette ville pour devenir l’hôte de l’Institut de la statistique de l’UNESCO, 2001-2011 (candidature acceptée, budget de 11 millions $).
- Président du Comité canadien de coordination des Centres d’accès aux données, 2000-2002.
- Président du Groupe de travail conjoint de Statistique Canada et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada sur l'avancement de la recherche sociale utilisant des données quantitatives, 1998.
Membre du Conseil et du Comité des programmes du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, 1995-1998.
- Membre du Comité consultatif de l'Enquête longitudinale sur la dynamique du travail et du revenu, Statistique Canada, 1992-1995.
Tribune scientifique (trad)
- Membre du comité scientifique, Conférence sur les enquêtes longitudinales sociales et de santé dans une perspective internationale, organisée par Statistiques Canada, 2005.
- Co-organisateur, avec Marie-France Raynault, des colloques 2001, 2002 et 2003 de l’Observatoire montréalais des inégalités sociales et de santé (OMISS) de la Direction de la santé publique de Montréal Centre.
- Membre du comité organisateur du Colloque Organisation, intensification du travail, qualité du travail, organisé par le Centre d’études de l’emploi, Paris, 2002.
Tribune politique (trad)
- Représentant universitaire, Collaboration en recherche sur les politiques liées à la population, au travail et à la famille, avec le Projet de recherche sur les politiques, Développement social Canada et Statistiques Canada, 2005-.
Membre du Conseil national de la statistique du Canada, 1992-.
Président du Groupe de travail sur l’Enquête longitudinale générale sur les ménages canadiens, mis sur pied par Développement social Canada, 2005.Président du Groupe de travail conjoint de Statistique Canada et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada sur l'avancement de la recherche sociale utilisant des données quantitatives, 1998.
Membre du Comité consultatif du statisticien en chef sur les conditions sociales, Statistique Canada, 1987- 2002 ; président, 1991-1994.
Direction d'étudiants-es (trad)
Maîtrise
Guillaume Boucher, Sociologie, UdeM, depuis 09/2004
Laetitia Koenig, Démographie, UdeM, depuis 09/2004, (Codirection.
Directrice : Simona Bignami, Démographie UdM)
Alexia Marucchi-Foino, Sociologie, UdeM, depuis 09/2005
Anouk Lebel-Delaval, Sociologie, UdeM, depuis 09/2006
Hicham Raïq, Sociologie, UdeM, depuis 09/2006
Publications choisies (trad)
Frohlich, K. L., De Koninck, M., Demers, A., Bernard, P. (ed.), Les inégalités sociales de santé au Québec. Les Presses de l'Université de Montréal, 2008, 408 pages.
(2006) Bernard, Paul, Rana Charrafedine, Louise Potvin, Katherine L. Frohlich, Mark Daniel et Yan Kestens, « Health Inequalities and Place : A Theoretical Conception of Neighbourhood », Social Science and Medicine, soumis.
(2005) Bernard, Paul, en collaboration avec Guillaume Boucher, « Les chiffres pour le dire : les nouveaux instruments de l’heuristique causale », in L'analyse du social: les modes d'explication, Daniel Mercure (dir.), Québec, PUL.
(2004) Bernard, Paul et Marie-France Raynault, « Inégalités sociales de santé : Feux, contre-feux et piliers de bien-être », Santé, société et solidarité, 2004(2) : 49-60.
(2004) Bernard, Paul et Sébastien Saint-Arnaud, « Du pareil au même - La position des quatre principales provinces canadiennes dans l’univers des régimes providentiels », Cahiers Canadiens de sociologie, 29 (2) : 209-239. Aussi publié comme Canadian Policy Network Research Paper, 34 p.
(1999) Bernard, Paul, « La cohésion sociale: critique dialectique d’un quasi concept », Lien social et politique–RIAC: Les mots pour le dire, les mots pour le faire: le nouveau vocabulaire du social, numéro 41, printemps : 47-59. Également publié en tant que Canadian Policy Research Network discussion paper, sous le titre « Social Cohesion: A Critique », 29 p.


